Publié dans Socioscopie

Cameroun: vers une unité nationale 2.0


Soixante ans après l’indépendance, notre jeune nation fait face à tous les défis d’une jeune nation, ces défis se déclinant dans une contemporanéité particulière où le paramètre le plus important est celui de la vitesse. 


Tout va vite désormais dans notre ère. On ressent vite, on pense vite, on perçoit vite, on agit vite, on réagit vite…on réfléchit très peu. Les bits et les octets ne nous aident pas en conséquence. Notre quotidien est parsemé de différentes sources de d’informations heureusement ou malheureusement interactives. En un bouton , on peut s’exprimer, même si on ne sait pas de quoi l’on parle. On amplifie, on désinforme, on déconstruit, on profane, on désacralise, on détruit par nos mots, nos paroles, nos emojis…et cela fait très mal. Oui, il est vrai que 60 ans est un âge si jeune pour une nation, mais le contexte local nous impose de grandir plus vite…et de se réinventer continuellement, pour survivre.


En 1960, nous accédons enfin à l’indépendance, dans des circonstances où des centaines de milliers de camerounais perdirent leurs vies avant et après, pour la construction du socle national. Les évènements majeurs de 1960, 1961 jusqu’à 1972 où nous devinrent un état unitaire: bonne ou mauvaise chose? Les avis sont partagés dessus…toujours est-il que nous en voyons les conséquences.

Le monument de la réunification, Yaoundé Cameroun
source: wikimedia


Le Sawagate comme je l’appelle est un abcès qui est arrivé à maturation. Depuis des années, l’ère fast and furious impose aux générations actuelles une exégèse de leur histoire. Cette introspection socio-historique est motorisée par un mal-vivre qui débouche sur un mal-être et qui s’ébranle dans toutes les sphères de notre société: corporatiste, spirituelle et surtout communautaire. Il est donc humainement logique de chercher un bouc-émissaire, dans un instinct de survie qui veut protéger son identité et restaurer ses acquis passés. L’autre en face, parce qu’il a des racines moins profondes, ou parce qu’il occupe plus d’espace, nous apparait désormais comme une menace. Ce dernier, qui fait désormais partie de l’écosystème plus ou moins équilibré de ce biotope cosmopolite, revendique d’avoir une voix qui mérite d’être entendue dans ce débat au carrefour des voies. A l’ère de la fibre optique, les positions se durcissent, les tons montent, sans filtres…sans réflexion profonde et véritable sur le rééquilibrage nécessaire dudit biotope, qui entrainerait avec sa chute toute la chaine unitaire de notre Nation.

48 ans après, notre unité nationale a besoin d’être réactualisée. La toile actuelle du navire Cameroun est un très beau patchwork dont les coutures lâchent. Tant bien que mal, on la rafistole, au détriment d’autres morceaux. Le vent de la destinée divine veut nous entrainer vers notre terre promise…ll faut renforcer notre mât et surtout étendre une nouvelle toile qui nous permettra de voguer vers notre prospérité: l’unité nationale 2.0.

 Il est clair que le matériel de cette toile ne changera pas, ce sera nous. Mais comment sera-t-elle confectionnée? Question à…une étoile dorée!

Auteur :

Entrepreneuriat, TIC, Pub, culture, digital, marketing & media, photographie amateur, Relations humaines... la valse de mon quotidien au rythme des mots. Welcome to my world

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